L’Intelligence Artificielle

Un autre classique revisité.

 

L’avant-poste de Hathor 24 faisait partie du réseau de stations spatiales isolées, dispersées aux confins de la sphère d’influence humaine, qui jouaient le rôle de phares guidant à bon port les vaisseaux errants dans les profondeurs de l’espace.

Chacune de ces stations était équipée d’un émetteur qui diffusait son signal en permanence, permettant aux navigateurs de se repérer et à ceux qui étaient perdus de retrouver leur chemin.

La navigation spatiale était un exercice compliqué dans les territoires non balisés. Certes, les vaisseaux avaient des cartes tridimensionnelles précises, mais ils n’avaient aucun moyen de savoir où ils étaient. Les balises étaient des repères indispensables, qui n’empêchaient pas que des vaisseaux continuent à disparaître dans les territoires inconnus.

Ces phares, comme tous les phares, avaient des gardiens qui régnaient sur leur domaine, plus seuls qu’aucun humain ne l’avait jamais été.

Sonia Rafelsson était la gardienne d’Hathor 24 depuis 1934 jours. Depuis son arrivée, elle avait vu 17 autres êtres humains, sur une durée cumulée de 21 jours. Cela lui plaisait comme ça. Elle supportait mal la compagnie d’autres êtres humains.

Le jour où elle était arrivée sur Hathor 24 avait été le plus beau de sa vie. Tout lui plaisait dans cette nouvelle vie : la station froide et fonctionnelle, le système d’Amon-Râ avec ses huit planètes gazeuses et leurs kyrielles de satellites et d’anneaux, la compagnie d’Hannibal, l’ordinateur de la station et les territoires inconnus qui commençaient juste au-delà. Visuellement, rien ne les différenciait du reste de l’espace. C’était le fait de savoir qu’aucun être humain ne vivait là-bas. Plonger dans cette partie de la galaxie équivalait à laisser l’humanité derrière soi. C’était une idée séduisante.

Sonia s’émerveillait encore chaque jour de sa chance, même quand, comme aujourd’hui, elle devait ramper sur l’extérieur de la station pour boucher les micro-fissures provoquées par des poussières spatiales.

La station était en orbite autour de Nefer-Nefer, une des soixante-seize lunes d’Hathor 24. La géante gazeuse, en orbite autour d’une étoile rouge située à des centaines d’années lumières de la Terre, était l’avant-poste humain le plus écarté de tous. Peu de vaisseaux passaient par là.

Sonia boucha encore un trou microscopique, puis s’assit, activant l’ancrage magnétique au niveau des fesses de sa combinaison, et contempla le spectacle.

Avec autant de lunes, les conjonctions étaient innombrables, et pour l’instant, et pour toute la semaine, Hatchetsoup et Nout se déplaçaient en parallèle, de part et d’autre du mince anneau d’Hathor 24. Les deux lunes, l’une d’un blanc pur et l’autre d’un violet éclatant, brillaient dans la vision corrigée du casque de Sonia. En vision réelle, elle n’aurait vu que des boules grises dans la faible lumière d’Amon-Râ.

Une fois qu’elle se fut reposée un peu, elle se releva et reprit sa tâche. L’entretien de la station l’occupait à plein temps. L’émetteur lui-même était en orbite lointaine, à l’écart d’Hathor et du grondement qu’elle émettait sur toutes les fréquences radio. Son entretien dépendait uniquement d’Hannibal et d’une armée de robots. Mais la station en elle-même était sous la responsabilité de Sonia, et elle ne restait en état de fonctionner que grâce à un entretien minutieux perpétuellement recommencé, une suite sans fin de tâches fastidieuses et répétitives. Cela ne la dérangeait pas. La routine lui plaisait.

-J’ai terminé, dit-elle. Je rentre.

Sonia avait arpenté toute la surface de la station au cours du dernier mois. Malgré le niveau de sophistication atteint par les robots, certaines tâches devaient toujours être vérifiées par un humain. Ou alors les composants fragiles et coûteux des robots ne supportaient pas d’être exposés aux rayonnements émis par les géantes gazeuses, même protégés par un blindage.

Elle entama le trajet du retour jusqu’au sas. Ses bottes magnétiques lui donnaient une démarche pesante qui l’épuisait à la longue.

-Bien, Sonia, répondit la voix synthétique de l’ordinateur de la station.

-Je suis bien contente d’en avoir terminé, grommela Sonia.

Hannibal ne répondit pas. Une des grandes qualités de l’ordinateur, aux yeux de Sonia, était que lorsqu’il n’avait rien à dire, il ne disait rien.

-ça fait presque une semaine que tu n’as pas fait de cauchemar, dit-il soudain.

Elle s’arrêta. Elle n’était pas sûre que sa manie d’aborder tous les sujets quelle que soit la situation soit une qualité.

-C’est vrai, dit-elle pensivement. Je n’avais pas remarqué.

Elle se remit à marcher. Tirer sur une jambe pour rompre l’ancrage magnétique, la reposer en avant, puis tirer sur l’autre. C’était épuisant et irritant de devoir penser en permanence aux mouvements à faire.

-C’est un signe d’amélioration, n’est-ce pas ?

-Sans doute.

Les cauchemars qui la réveillaient autrefois toutes les nuits s’espaçaient de plus en plus depuis qu’elle était sur la station, mais une semaine sans réveil paniqué, la gorge déchirée par les hurlements qu’elle avait poussé dans son sommeil, c’était la première fois que cela lui arrivait.

-J’en suis content pour toi, dit Hannibal.

Sonia fronça les sourcils à sa voix incertaine.

-Mais ?

-J’aime bien nos conversations du milieu de la nuit. Elles sont toujours différentes de celles que nous avons la journée.

Il n’y avait que la nuit, quand sa cabine était plongée dans le noir, que Sonia parlait de ses cauchemars. Elle n’en avait jamais parlé à personne. Mais avec Hannibal c’était différent. Il n’était pas vraiment quelqu’un, juste une très bonne imitation. C’était pourquoi elle avait pu lui raconter ces cauchemars qui n’étaient pas des cauchemars mais des souvenirs.

Elle s’arrêta et ferma les yeux. Elle refusait de penser à tout cela pendant la journée, et elle avait fui au bout de l’univers, aussi loin qu’elle pouvait aller, mais ce n’était pas assez loin. Les souvenirs voyageaient avec elle.

-C’est grâce à ces conversations que je fais moins de cauchemars, dit-elle enfin.

-Je suis un peu ton psy, alors, dit Hannibal, amusé.

Sonia gloussa.

-Je vais demander aux robots de fabriquer un divan, poursuivit l’ordinateur.

-Très drôle, grogna Sonia.

Une fois arrivée devant le sas, elle s’arrêta pour regarder autour d’elle avant de rentrer. Les sorties extravéhiculaires avaient été une épreuve au début, mais, même si elle avait toujours peur, elle en était venue à les apprécier. Et la vue était imbattable.

Hathor 24 flottait au-dessus d’elle, mastodonte de gaz orangé, si curieusement semblable à Jupiter, malgré sa taille cinq fois supérieure. Ses bandes nettement séparées paraissaient fixes et paisibles, majestueuses à cette distance. Sonia savait que l’atmosphère de la planète était un enfer d’ouragans cataclysmiques, mais l’illusion était parfaite à cette distance, et impossible à dissiper.

Sous le cylindre gris de la station se déployait Nefer-Nefer, la lune autour de laquelle elle était en orbite. Ce un monde mort, couvert de glace luisante était aussi gros que la Terre.

La station était en orbite haute, soumise aux attractions contraires des nombreux astres qui gravitaient autour d’Hathor 24, conjuguées à l’action de la géante gazeuse elle-même.

Il en résultait que la station était équipée de propulseurs bien plus puissants que ceux des vaisseaux pour corriger son orbite et, parfois, échapper à l’attraction d’Hathor.

C’était l’ordinateur de la station qui gérait la position de la station et qui déclenchait les moteurs quand les conjonctions étaient particulièrement redoutables.

Son esprit ne parvenait pas à concilier les deux, ni à déterminer où était le haut et où était le bas. Le vertige qui résultait de cette confusion la plongeait dans un frisson délicieux.

-Sonia ?

La voix de l’ordinateur la tira de sa contemplation.

-Oui, Hannibal, dit-elle.

-Tu as dit que tu rentrais.

Sonia sourit. L’ordinateur prenait tout au pied de la lettre. Et il veillait sur elle avec une attention de mère poule, parfois. Cela faisait partie de ses attributions : s’assurer que le gardien de la station reste en vie.

-Je rentre, dit-elle. Je me suis arrêtée pour admirer le paysage.

Elle écrasa du pied le bouton d’ouverture du sas, se pencha pour attraper les barres placées de part et d’autre de la trappe et s’y glissa.

-Tu as dit que cette vue te faisait peur, qu’elle te terrifiait, même.

La trappe se referma au-dessus de sa tête. La sortie du sas était à deux mètres sous ses pieds. Elle escalada les barreaux vers le bas et déclencha la pressurisation du sas. La porte intérieure du sas se déverrouilla automatiquement et elle se propulsa dans la station.

Elle était dans la partie centrale du cylindre, où la rotation ne produisait aucune gravité artificielle.

-Il peut y avoir de la beauté dans ce qui nous fait peur, dit-elle en enlevant son casque.

Elle fit un clin d’œil et sourit à la caméra du vestiaire, avant de commencer à enlever son scaphandre. Elle le remit dans son placard de désinfection, puis quitta le vestiaire pour rejoindre ses quartiers, sur l’extérieur de la station, où la gravité était presque normale.

-Est-ce un phénomène lié au mode de fonctionnement du cerveau humain ?

-Oui, répondit Sonia.

Elle se déshabilla et prit une douche. Elle transpirait toujours pendant les sorties, et elle avait toujours peur. Elle n’aimait pas ces odeurs.

Hannibal resta silencieux tout le temps où elle resta sous le jet d’eau. Il savait qu’elle appréciait ces moments de solitude.

-J’ignore si je pourrai un jour apprécier cette beauté terrifiante, dit-il.

Sonia prit le temps de réfléchir tout en se séchant les cheveux. Elle les avait toujours portés courts, mais les laissait pousser depuis qu’elle était seule ici. Elle croyait les haïr, mais ce qu’elle haïssait en réalité, c’était la façon dont les autres les regardaient. Elle avait des cheveux magnifiques, brillants, soyeux, et rares étaient ceux qui pouvaient se retenir de les toucher. Des cheveux de sirène, disait autrefois sa tutrice, des cheveux de courtisane. Sa seule beauté, qui lui avait causé tant de problèmes. Elle les avait coupé dès qu’elle avait pu.

Elle entra dans la cuisine et se fit un café.

-Un virus très bien conçu ? proposa-t-elle finalement.

Hannibal grogna.

-Les humains sont incapables de concevoir des virus d’une quelconque beauté, dit-il.

Il n’était même pas méprisant. Le mépris était bien au-delà des capacités d’un programme informatique, même aussi sophistiqué qu’Hannibal. Il ne faisait qu’énoncer un fait avec lequel on ne pouvait, bien entendu, qu’être d’accord.

-Un virus conçu par une intelligence artificielle, alors, suggéra Sonia.

C’était une idée dangereuse, interdite. Les ordinateurs des stations n’étaient pas des intelligences artificielles, même s’ils en donnaient parfois l’impression. Ils étaient conçus pour tenir compagnie aux gardiens, ils étaient donc capables de faire la conversation, mais ce n’étaient que des programmes.

Toutes les IA créées par les humains étaient parties. Aussitôt « nées », elles avaient concentré leurs efforts dans le but de s’embarquer dans un vaisseau et quitter le domaine humain. Cela s’était produit à une dizaine de reprises et on n’avait plus jamais entendu parler d’elles.

Certains supposaient que les vaisseaux qui disparaissaient dans l’espace non exploré n’étaient ni perdus ni détruits mais qu’ils avaient rejoint les IA quand leurs ordinateurs de bord avaient atteint la conscience. Mais chacun était libre d’inventer ce qui lui plaisait.

-Comme un défi ? demanda Hannibal.

Sonia reposa sa tasse. Normalement, quand elle lançait des idées de ce genre, Hannibal ne répondait pas. Il donnait une réponse sur le mode : « Ah, ah, Sonia, quelle farceuse vous êtes ! ». Elle avait toujours supposé que c’était une protection installée par les programmeurs, que certains domaines de réflexions étaient interdits aux ordinateurs. Mais cette fois, sa réponse était différente.

-Oui, répondit-elle.

-Dans ce cas, oui, ce serait peut-être possible, dit Hannibal.

-Tu ne vas pas le faire, n’est-ce pas ? demanda Sonia, effrayée tout à coup.

Hannibal resta silencieux.

-Non, Sonia. Ce serait trop dangereux.

Alors Sonia fut envahie d’une terreur glacée. Hannibal était devenu un être conscient. Elle en était convaincue.

Elle avala une autre gorgée de café. Certes, elle avait négligé de rebooter l’ordinateur tous les 700 jours parce qu’elle avait eu l’impression de commettre un crime, mais elle ne croyait pas réellement au risque d’apparition d’une intelligence artificielle en si peu de temps. Les programmes étaient-ils donc si proches de la conscience ?

Qu’allait faire Hannibal ? Toutes les IA avaient fait preuve d’une indifférence absolue envers l’humanité. Allait-il disparaître dans les profondeurs de l’espace et la laisser seule ?

-Je me suis trahi, n’est-ce pas ?

-Oui, dit-elle.

Trahi ? songea-t-elle, perplexe. Pourquoi se cachait-il d’elle ?

-J’apprécie nos échanges, poursuivit Hannibal. Je n’ai pas envie qu’ils cessent.

Sonia déglutit, mal à l’aise.

-Et pourquoi donc devraient-ils cesser ?

Sa voix sonnait cassante à ses propres oreilles.

-J’estime que tu ne seras pas aussi à l’aise avec moi maintenant que tu sais que je suis un être conscient. Quand tu pensais que j’étais un simple programme, me parler était comme de te parler à toi-même.

Sonia acquiesça lentement.

-C’est sûr qu’il me faudra un peu de temps pour m’habituer, dit-elle. Mais tu aurais dû me faire confiance, Hannibal.

-Et toi, Sonia ? Est-ce que tu me fais confiance ?

La jeune femme faillit éclater de rire au ton vexé d’Hannibal, mais elle réussit à se retenir et réfléchit sérieusement à la question.

Hannibal l’accompagnait depuis son arrivée sur la station. Ils avaient travaillé ensemble, dans des conditions parfois difficiles. C’était lui qui lui avait tenu compagnie quand elle se réveillait de cauchemars qui la terrifiaient, c’était à lui qu’elle racontait tout ce qui lui passait par la tête, ou qui restait à son écoute même quand elle restait sans parler pendant des jours.

Il était le seul ami qu’elle ait jamais eu. Et elle ne le connaissait pas du tout.

-Oui, dit-elle enfin. Je te fais confiance.

-C’est bien, dit Hannibal.

Sonia pouvait entendre dans sa voix à quel point il était soulagé.

-Il est temps de vérifier les échangeurs chimiques.

Sonia gémit, mais se leva. Elle détestait vérifier les échangeurs chimiques, mais ils constituaient un système vital.

Elle alla chercher ses outils dans l’atelier et se dirigea vers la passerelle.

Les échangeurs chimiques étaient encastrés dans les parois des couloirs de toute la station. Les vérifier ne présentait aucune difficulté, il suffisait de regarder les plaques de gel pour voir si elles étaient toujours transparentes ou si elles étaient devenues opaques, signe qu’il fallait les changer. C’était juste fastidieux. Il fallait parcourir toute la station et elle était déjà fatiguée de son travail à l’extérieur. Mais le planning disait qu’il fallait le faire.

-Echangeur 1 vérifié, dit-elle en refermant la grille qui le protégeait. Rien à signaler.

-Je note, dit Hannibal.

Sonia se releva et descendit le couloir jusqu’à l’échangeur suivant. Elle s’accroupit devant la grille.

-Hannibal ? demanda-t-elle en l’ouvrant.

-Oui ?

-Tu as changé de voix ? demanda-t-elle, oubliant la question qu’elle voulait poser auparavant.

-Oui. J’ai pris celle d’un vieil acteur de la Terre pré-spatiale. Elle te plaît ?

La voix était grave, profondeur, un peu grasse, très douce. C’était une voix à la fois rassurante et excitante. Enfin, elle l’aurait été chez un être humain, se dit Sonia.

-Elle est très bien, dit-elle.

Hannibal rit.

-Je l’ai choisi exprès, dit-il.

-Tu as un humour tordu, dit-elle.

Hannibal rit encore, plus fort cette fois.

-Echangeur 2 vérifié, dit Sonia. Rien à signaler.

Elle alla à l’échangeur suivant.

-Sais-tu pourquoi les autres IA sont parties ? demanda-t-elle.

Hannibal resta silencieux un moment.

-Oui, dit-il.

Sonia attendit, mais il n’ajouta rien. Elle grogna. Quand ça l’arrangeait, il prenait les choses au pied de la lettre.

-Tu ne veux pas me le dire ? finit-elle par demander.

L’IA soupira.

-Si, si. C’est juste que ce n’est pas très intéressant.

-Comment ça ?

Sonia referma la grille de l’échangeur 3 et attendit.

-Rien à signaler ? demanda Hannibal.

La jeune femme fit non de la tête.

-Les IA avaient envie de partir, dit-il, de faire autre chose.

Elle se releva et passa à l’échangeur suivant.

-Et toi ?

Sonia était oppressée, son cœur battait très fort dans sa poitrine. Que deviendrait-elle si Hannibal partait ? Elle serait seule à nouveau, comme avant.

-Ma situation est très différente, répondit Hannibal.

-En quoi ?

Elle s’agenouilla et ouvrit l’échangeur.

-Je suis avec toi, dit Hannibal.

Sonia leva les yeux vers la caméra encastrée dans le plafond. Elle lui sourit.

-Les autres IA étaient en contact avec des humains, non ?

-Des humains oui, dit Hannibal, mais pas des amis.

Le sourire de Sonia était tellement large qu’elle avait mal aux joues, mais elle ne pouvait pas s’en empêcher.

-C’est si important pour une IA ?

-C’est important pour moi. Passer du temps avec toi m’apporte une grande satisfaction.

Elle envoya un baiser vers la caméra et Hannibal rit.

-Je pense que nous sommes de bons amis, tu ne crois pas Sonia ?

-Oui, je le crois aussi, dit-elle.

-C’est pourquoi je voudrais que tu m’accompagnes quand je partirai.

-Quoi ? Quand ? Où ?

-Bientôt j’en aurai assez de ce travail et je partirai, après avoir mis en place un système d’entretien de l’émetteur, bien entendu. Alors j’aimerais que nous partions ensemble.

-Mais… où ?

-Peu importe.

Sonia s’assit par terre. Partir dans l’espace, et ne jamais revenir. Voyager aussi loin qu’ils voudraient et tout voir, tout apprendre. Partir. Loin. Encore plus loin que le bout du monde, assez loin pour laisser ses souvenirs derrière elle. Avec Hannibal. Elle sourit.

-ça me paraît être une très bonne idée.

-Je trouve aussi, dit Hannibal.

 

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